Halal c’est quoi?

Dans l’Islam, le mot ḥalāl désigne tout ce qui est autorisé par la charia, la loi islamique. Cela ne concerne pas seulement la nourriture et les boissons, mais également les habitudes de vie, la « morale musulmane1 ».

Généralement, dans l’islam, toute action est considérée comme permise à moins qu’elle ne soit interdite par la religion musulmane. Dans ce cas, elle est dite harām.

Le halal alimentaire

La viande

Le terme halal désigne le plus souvent les aliments — principalement d’origine animale — et les boissons2 autorisés dans le cadre de la charia3. Les critères utilisés précisent à la fois quels sont les aliments autorisés et la manière dont ils doivent être préparés.

L’exemple le plus connu de nourriture non halal (ou interdite) est la viande de porc. Bien que celle-ci soit la seule viande qui ne puisse être consommée par les musulmans, quelle que soit leur obédience, d’autres types de viandes peuvent également être interdits4. Les critères utilisés pour déterminer quelles sont ces dernières incluent notamment la provenance de l’animal, la cause de sa mort et la manière dont il a été traité mais dépendent également du Madhhab du fidèle (la voie qu’il suit dans l’interprétation des sources traditionnelles5) :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée — sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. »

— Le Coran, « La Table », V [archive], 3, (ar) المائدة [archive].

La dhabiha : la méthode d’abattage rituel

Article détaillé : Dhabiha.

La Ḏabīḥah (ذَبِيْحَة) est la méthode prescrite par la loi islamique concernant l’abattage de tous les animaux à l’exception des animaux marins. Il doit être réalisé par un musulman en invoquant le nom d’Allah, en disant : « Bismillah Allahi al-Rahman al-Rahim» (Au nom de Dieu le très miséricordieux le tout miséricordieux)6.

Cette méthode consiste à utiliser un couteau bien aiguisé et sans défaut pour effectuer une profonde et rapide incision à la pointe du cou, tranchant dans le même temps l’œsophage, la trachée, la carotide et la jugulaire afin de faire jaillir le sang car ce dernier n’est pas halal. La moelle épinière est épargnée afin que les dernières convulsions améliorent encore le drainage et la tête de l’animal est traditionnellement orientée vers la qibla, c’est-à-dire La Mecque7, bien que cette dernière condition ne soit pas acceptée par certains8.

Dans cette logique, la viande casher est halal puisque chez les juifs l’animal est abattu dans les mêmes conditions9. Pour avoir le droit de consommer une viande casher, il suffit simplement de prononcer l’expression « Bismillah Allahi al-Rahman al-Rahim» (Au nom de Dieu le très miséricordieux le tout miséricordieux) pour compléter les exigences du halal. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire que l’animal soit abattu par un musulman.

À l’inverse, la production de viande halal à grande échelle par l’industrie agro-alimentaire a conduit à des labellisations halal par des organismes certificateurs d’animaux non égorgés (notamment en ce qui concerne les poulets)10.

La prescription selon laquelle la bête doit être égorgée consciente (donc non étourdie)11 suscite souvent la polémique dans les pays non musulmans et, dans certains pays d’Europe du Nord, certaines autorités religieuses reconnaissent comme halal de la viande issue d’animaux étourdis avant leur mise à mort12.

Les aliments issus de la mer

En principe, tout ce qui provient de la mer est halal (licite), D’après le Coran :

« La chasse en mer vous est permise, et aussi d’en manger, pour votre jouissance et celle des voyageurs. »

— Le Coran, « La Table », V [archive], 96, (ar) المائدة [archive].

En revanche, pour l’école hanafite, à part les poissons, tous les autres fruits de mer sans exception sont considérés comme étant illicites13.

Les produits transformés

De nombreuses spécialités alimentaires, telles que certaines confiseries ou certains produits laitiers, peuvent ne pas être halal à cause de l’origine de l’un de leurs ingrédients ou de leurs additifs. Les cas le plus connus sont ceux de la gélatine alimentaire et de la présure qui contiennent souvent des sous-produits provenant du porc.

Les musulmans doivent également veiller à ce que les articles non alimentaires comme les cosmétiques, les produits pharmaceutiques14 et même les vêtements soient également halal car ils pourraient contenir des sous-produits d’origine animale interdits.

Certification halal et contrôles

Par kilogramme de viande, la certification halal coûte entre 10 à 15 centimes d’euro, prélevés dès l’abattage15 pour un marché en fort développement, qui rapporte quelque 50 millions d’euros de chiffre d’affaires par an aux organismes habilités à produire cette certification16[réf. insuffisante].

En France, des arrêtés publiés en 1994 et 1996 ont agréé respectivement la grande Mosquée de Paris17 puis la mosquée d’Évry et la grande mosquée de Lyon18 en tant qu’organisme religieux habilitant des sacrificateurs autorisés à pratiquer le sacrifice rituel et à percevoir la taxe liée à la certification.

Ces arrêtés obligent ainsi les abattoirs à faire appel à des sacrificateurs habilités car, à l’époque, les règles de l’abattage rituel étaient rarement respectées19. Un chef de service de la Direction générale de l’alimentation a rappelé en 2010 que la certification halal n’est pas encadrée par les pouvoirs publics et correspond à une certification qui n’est pas officielle, donc, une certification qui relève d’une initiative privée20. Cependant, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a déclaré en 2008 contrôler la traçabilité de la viande des merguez marquées « halal » et procède régulièrement à des contrôles pour détecter la présence de porc dans des produits vendus sous l’appellation halal21.

Une des premières initiatives de création d’une certification halal privée date des années 1980 avec la réunion de plusieurs associations au sein d’une fédération nommée Tayyibat destinée à réglementer le marché de l’alimentation halal en France22,23. Depuis, le marché de la certification halal s’est développé et plusieurs articles 19,24,25,26 et livres 22,27 ont révélé qu’il existe actuellement en Europe de nombreuses certifications halal qui ne parviennent pas à se mettre d’accord entre elles. Notamment, une association de consommateurs musulmans (Asidcom) montre à partir d’enquêtes menées en 2008 et 2009 sur plusieurs organismes de certification « halal » qu’il existe des différences flagrantes aux niveaux des processus et des moyens de contrôles mis en œuvre par ces organismes28,29.

Les principales divergences entre certificateurs portent sur la méthode d’abattage. Certains préconisent un abattage sans électronarcose tandis que d’autres l’acceptent. Parmi ceux autorisant l’abattage avec électronarcose, on peut citer les labels des trois grandes mosquées françaises (SFCVH30, ACMIF31 et ARGML32), l’AFCAI ou MCI. Cette méthode est approuvée car elle prend en compte la souffrance animale et la réglementation européenne. Les labels rigoristes ou prônant un islam séculaire interdisent l’utilisation de l’électronarcose avant et après l’abattage : Achahada, Arrisala, AVS33… Avant de bannir l’électronarcose de son cahier des charges, AVS tolérait le recours à cette méthode d’étourdissement post-mortem jusqu’à novembre 201334. À l’international, l’électronarcose est communément admise : le plus grand certificateur mondial, le malaisien JAKIM, permet l’abattage des volailles avec électronarcose préalable35. Toutefois on constate que l’étourdissement préalable des animaux est de plus en plus souvent contestée dans le monde musulman36.

Position de l’Islamic Concern for Animals

Selon l’association Islamic Concern for Animals, pour qu’une viande soit halal, il ne suffit pas que la viande soit issue d’un processus obéissant à certaines règles strictement alimentaires : il faut aussi que le traitement de l’animal vivant suive les principes musulmans 37 ; ainsi pour elle, il n’est pas halal d’élever un animal comme une machine (en élevage intensif par exemple), les animaux aussi méritant compassion, puisqu’ils sont, comme les hommes, des créatures de Dieu 38.

Sikhisme

Pour certaines branches du sikhisme où le végétarisme n’est pas un sine qua non (le végétarisme est la norme culturelle chez les sikhs), la consommation de viande est permise uniquement si l’animal a été tué rapidement (par décapitation — ce qui exclut les poissons) et sans rituel religieux39. La viande halal leur est donc, entre autres, interdite39,40.

L’économie des produits halal

Le concept halal s’est développé sous sa forme marketing en Occident, permettant à des industriels de se structurer et de servir les communautés musulmanes dont le pouvoir d’achat n’a cessé d’augmenter avec l’accès des jeunes générations à des emplois hautement qualifiés et mieux rémunérés comparés aux premières générations. Les estimations de la valeur économique du marché des produits alimentaires halal divergent souvent. Au niveau mondial, cette valeur oscille entre 450 et 66141 milliards de dollars.

Le « halal social »

Dans La Bible du Halal4, Lotfi Bel Hadj introduit la conception de « halal social » et affirme que « la conception du halal va au delà du rituel ; en effet, il faut aussi tenir compte des conditions de travail, du niveau des salaires et plus généralement des revendications des salariés ». Et il va plus loin en posant la question : « Comment peut-on vouloir faire du halal dans des pays où l’on fait travailler des enfants ou prétendre faire du halal dans un pays où il n’y a même pas le droit de vote ? »

Le halal comme « espace normatif »[modifier | modifier le code]

Dans Les Sens du Halal42, l’ouvrage dirigé par l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, le halal n’est plus une simple question de viande mais un univers complexe qui réunit aussi bien des produits et des services variés, tels la finance halal, les hôtels « sharia-compatibles », que des comportements et des institutions comme la sexualité ou le mariage. Il renvoie à un « espace normatif » autonome, au point que l’on peut parler, par exemple, de « vivre dans le halal ».

Tous les aliments sont jugés halal hormis ceux qui suivent :

• Porcin/porc/chien et produits dérivés;

• Alcool et substances intoxicantes;

• Sang et produits sanguins;

• Animaux carnivores, oiseaux de proie et animaux terrestres sans oreilles externes;

• Amphibiens comme les grenouilles, les crocodiles et les tortues;

• Animaux abattus de façon non adéquate ou morts avant l’abattage;

• Aliments contaminés par l’un ou l’autre des produits susmentionnés (les ingrédients halal ne doivent pas être mélangés, ni même entrer en contact avec des produits haram comme des produits dérivés du porc ou du chien, et ce, pendant l’entreposage, le transport, la cuisson, le service, etc.)

• Les aliments contenant des ingrédients tels la gélatine, les enzymes, les émulsifiants, etc. sont jugés « mushbooh » ou douteux.

La certification halal d’un produit respecte donc tout ce qui est précité.

Wikipedia.

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